ALORS, Pandora Hearts ou le manga se dressant fièrement à la 1ère place du podium des mangas que j’ai lu le plus de fois (et qui va sûrement garder sa médaille d’or un moment vu l’avance qu’il a sur les autres). Bref, il était une fois une petite 4thDragonBall (~12-13 ans) qui n’en était encore qu’à ses balbutiements otakuesques (mais qui commençait déjà à être bien atteinte par le syndrome) et qui a découvert par hasard (je ne me rappelle plus comment, ça serait l’heure de partir à la recherche de mes souvenirs comme Alice :cette-mise-en-abîme:) l’anime Pandora Hearts (cette phrase était beaucoup trop longue et avait beaucoup trop de parenthèses, vous êtes pas sortis de l’auberge). J’étais dans ma période d4rk et tout, du coup l’ambiance gothico-renaissance de l’histoire m’avait tout de suite bien plu (peut-être même que j’étais déjà fan de Versailles à l’époque, à savoir un groupe jap à fond dans le délire nous-sommes-des-princes-et-princesses-super-dark-en-provenance-directe-du-XVIe-siècle, ce qui n’a rien à voir mais me rappelle de beaux souvenirs).

DONC je me souviens avoir vraiment beaucoup aimé l’anime Pandora Hearts mais quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai visionné les 3 derniers épisodes… Ça partait complètement en cou-cacahuète et terminait l’intrigue sur, euh… Honnêtement je ne m’en souviens pas vraiment mais je me rappelle que j’étais pas contente contente. MAIS, nonobstant cette fin random (j’étais pas habituée à l’époque, faut dire que j’avais pas encore vu Claymore et que l’anime Tokyo Ghoul n’existait pas encore lol :bitter:), je suis allée me renseigner sur l’état du manga et, sans surprise, j’ai découvert que l’anime n’avait pas du tout respecté l’œuvre originale lors de ces fameux 3 derniers épisodes et que le manga, lui, continuait tranquillement sa route selon la volonté vraie de l’auteur véritable. A l’époque encore jeune et innocente, je ne connaissais pas le concept des scans du coup j’ai un peu oublié Pandora Hearts et n’y suis revenue que quelques années plus tard. Une fois honteusement accoutumée à l’art de la lecture illégale, j’ai enfilé les scans dispos sur internet, sauf qu’il s’est avéré que la parution du manga n’était pas terminée, du coup j’ai mis ma lecture en pause. Lecture que j’ai reprise encore quelques années plus tard, mais l’histoire n’était pas toujours finie (cela dit la date de parution du dernier chapitre était annoncée) donc j’ai encore stoppé un temps. ET FINALEMENT, OCTOBRE 2015, C’EST LA FIN DES 9 ANNEES DE PARUTION DE PANDORA HEARTS. J’ai donc dévoré la fin et, complètement retournée par la tournure du scénario (dans le bon sens ofc), j’ai pris la sage décision d’acquérir tous les tomes du manga (à savoir 24) pour me refaire une belle lecture en toute légalité, le tout avec cette agréable sensation d’être en train de rendre hommage à une auteur que j’admire énormément (sensation qu’on n’a clairement pas en lisant des scans, dsl Oda, Kishimoto et les autres, je vous aime quand même).

Bref, tout ça pour dire que je vais parler d’un de mes mangas préférés (si ce n’est le préféré, parce que même s’il a un capital nostalgie, il est clairement inférieur à celui de Naruto et donc, objectivement parlant, si j’aime Pandora Hearts, c’est en grande partie pour l’œuvre elle-même et non parce que j’ai j’avais un crush intersidéral sur Jack Vessalius ET Y EN A RAS LE BOL DES PARENTHÈSES PLUS LONGUES QUE LES PHRASES DANS LESQUELLES ELLES SONT INCORPORÉES). Accrochez-vous, voici la première critique de 4thDragonBall sur AniList et...

:voix de Mr. Indestructible:
Ça va faire mal.

1 - La forme

Bon, alors, le style graphique de Pandora Hearts… Je vais pas passer par 4 chemins pour un truc si évident (du moins pour ceux qui ont déjà au moins distraitement feuilleté un tome du manga). Le trait de Jun Mochizuki est somptueux et extrêmement bien maîtrisé. Il est, certes, très typé manga (qu’aucun de vous n’ose me faire une comparaison foireuse avec Takehiko Inoue ou Kentaro Miura, leur style n’ont rien à voir) mais est vraiment HYPER soigné et super cohérent.

Qu’appelé-je un style "cohérent" me demanderez-vous ? Rien de nouveau sous le soleil, mais un dessinateur aura souvent plus de facilité pour dessiner soit les personnages soit les décors, du coup il peut y avoir un décalage entre la qualité graphique des perso et celui du fond (ça arrive donc que les backgrounds d’une œuvre soient assez pauvres, comme dans Bleach par exemple). Après, cette petite faiblesse est souvent rattrapée par la grâce des assistants et, au final, cette petite lacune ne se remarque quasiment pas.

SAUF QUE dans Pandora Hearts, tu le sens jusque dans tes tripes que Mochizuki gère aussi bien les perso que les décors et je peux vous dire que CA EN JETTE DE OUF. A aucun moment, pendant 24 tomes, je n’ai eu l’impression que l’auteur avait fait une économie de background. Je n’ai vu les traces d’une flemme artistique nulle part. Combien de fois j’ai passé des minutes entières à détailler les superbes fonds et paysages qu’elle nous pondait, même pour des panels parfois ridiculement petits ? Même quand une scène dure 2 pages et que les perso ne font que parler, vous pouvez être SURS qu’ils vont le faire dans un splendide salon, sur de superbes canapés, entourés de magnifiques cadres aux murs (et pas vides, c’est ça le pire !), de rideaux, de carpettes, de splendides lustres et j’en passe. Je n’imagine même pas la documentation qu’a dû demander tout ce travail stylistique rien que pour le mobilier et les bâtiments, car n’oublions pas que l’histoire se déroule dans une Renaissance alternative, on est à des années lumières de ce qui faisait au Japon à la même période et c’est carrément évident que la recherche de référence n’a pas dû être aussi facile qu’elle l’aurait été pour un européen (puisque c’est notre culture, on l’a étudié à l’école, on a parfois été visiter des châteaux, on a lu des bouquins qui se passaient à cette période, bref, on a déjà une base culturelle à ce sujet, aussi mince soit-elle). Tout comme un japonais sera clairement plus à l’aise qu’un européen pour situer une histoire dans un contexte guerrier typiquement nippon (genre la période Sengoku pour citer la plus connue) NORMAL. Bref, tout ça pour dire que Jun Mochizuki force le respect tant le style graphique de Pandora Hearts est harmonieux et témoigne de la passion de l’auteur pour la Renaissance (cocorico).

C’est pareil pour le chara-design, non seulement les personnages principaux sont hyper soignés, mais même LES SILHOUETTES D’ARRIERE PLANS SONT IMPEC, rien n’est laissé au hasard ! Je vous disais plus haut qu’à aucun moment je n’avais eu la sensation que l’auteur avait eu une certaine flemme artistique. Le meilleur exemple pour parler de ça, ce sont les soirées mondaines dans lesquelles se rendent parfois les personnages. Vous savez forcément à quoi ressemblaient les bals de l’époque, c’est grand, c’est bondé, c’est pimpant, les femmes ont des robes ostentatoires, bref, on est dans de l’élégance de haut vol. Et bien même les vêtements de ces figurants sont minutieusement dessinés un par un, rubans par rubans, froufrous par froufrous, ce qui témoigne d’un énorme souci du détail, le tout en réussissant l’exploit de rester très lisible (mais ça j’y reviendrais plus tard).

Après, je concède le fait que le style de Mochizuki soit très « typé » et que, du coup, les personnages aient plus ou moins tous la même tête avec des cheveux et des fringues différents. Mais bon, ça, ça va avec l’univers manga/anime et perso ça ne me dérange pas tant que les perso sont suffisamment différentiables les uns des autres. Je n’ai jamais fait de confusion sur l’identité des perso (bon ok, des fois j’ai eu du mal à différencier les 2 Alice mais là on est dans le cas de jumelles alors forcément… Cette confusion devait même parfois être intentionnelle). Les designs sont tous super soignés, les perso changent de fringues plusieurs fois dans le manga et à chaque fois je me demande où est-ce que l’auteur est allée chercher ses références tant tous les looks sont travaillés. C’est vrai que Mochizuki a une préférence très assumée pour les ikemen (hormis les vieux –et encore-, y-a-t-il un personnage laid dans ce manga ? Ne cherchez pas, la réponse est non) mais ça me dérange clairement pas hein (Jack, tu peux me marcher dessus ;_;) et ça contribue au contraire à renforcer cette ambiance onirique dont est pourvu le manga.

En ce qui concerne le découpage, d’aucuns pourraient dire qu’il est très classique, et ce d’aucuns aurait tout à fait raison. Les personnages dépassent rarement du cadre et les panels ne sont qu’une succession de carrés et de rectangles. CECI DIT je trouve toutes les scènes vraiment très lisibles, qu’il s’agisse de simples dialogues ou d’un bordel général où ça se fight de partout. C’est jamais chiant ni répétitif, les scènes s’enchaînent bien (il y a beaucoup de flashbacks mais, une fois encore, c’est très lisible et on suit bien la progression de l’action) et je trouve même les bastons bien plus agréables à lire (d’un point de vue confort de lecture) que dans la plupart des shonen nekketsu pourtant sensés exceller dans ce domaine (perso je trouve les combats de One Piece très brouillons :pas taper:). Il y a des petits scènes humoristiques bonus entre pratiquement tous les chapitres (sauf dans les 2 derniers tomes il me semble), sans compter celles sous les couvertures. C’est toujours super drôle et ça désamorce souvent la tension qu’il peut y avoir dans l’histoire (et c’est souvent vraiment trop mignon avec plein de chibi).

Pour en finir avec la forme (il était temps), si vous avez déjà vu les couvertures de Pandora Hearts, vous avez forcément remarqué à quel point elles sont DIVINES (sinon vous êtes aveugles, auquel cas vous ne pouvez pas lire cette critique et vous faites un incroyable gain de temps). Non parce que Mochizuki, non contente d’être une boss en chara-design et en conception de backgrounds, elle est aussi CHEVALIER DE L’ORDRE DES COLORATEURS DE TALENT (si si, ça existe. Elle y côtoie Sakimichan et Kawacy entre autres). J’ai acheté l’artbook 2 et c’est clairement une perle, chaque page est un orgasme visuel et j’ai d’ailleurs décidé que cet ouvrage serait enterré avec moi. VOILA.

2 - Le fond

Donc Pandora Hearts, c’est une histoire qui se situe dans une Renaissance fictive (dans un pays fictif qui fait clairement penser à notre bonne vieille France) régie par 4 grandes familles ducales. La tradition veut que le jour de leur 15 ans, les jeunes issus de la noblesse participent à une cérémonie et fassent officiellement leur entrée dans la société en tant qu’adulte. Le héros est donc l’héritier d’une des 4 familles ducales, à savoir Oz Vessalius, 15 ans et toutes ses dents, prêt à faire ses premiers pas en tant que noble de la haute société. Dès le début, on nous parle de la légende de l’Abysse, une dimension parallèle où les mystérieux Faucheurs Pourpres enverraient les pires criminels. Cette histoire relève du mythe et, bien entendu, notre jeune héros insouciant Oz s’en fiche un peu. Lui, ce qui lui plait, c’est martyriser son valet Gil et jouer aux aventuriers avec sa sœur Ada. Seulement voilà, ÉLÉMENT PERTURBATEUR INCOMING, pendant la cérémonie de passage à l’âge adulte d’Oz, kicédonc qui apparaît ? Les fameux Faucheurs Pourpres, évidemment ! Ces personnes jettent randomly notre héros dans l’Abysse sans autre chef d’accusation que "ton péché est ta propre existence". Ouch. Violence.

Donc Oz est précipité dans cette dimension pour prisonniers et ce qui aurait pu partir en Deadman Wonderland bis a en fait plutôt glissé dans un délire Chucky la Poupée de Sang. En effet, notre héros se rend immédiatement compte que l’Abysse est une dimension vraiment très bizarre plus proche d’une boite à jouets détraqués avec des araignées géantes à tête de bébé (entre autres) que de Guantamo. Alors qu’il allait se faire attaquer par l’une des aberrations flippantes de ce monde, notre Oz est sauvé in extremis par Alice, une demoiselle pleine d’entrain qui lui explique qu’elle et toutes les autres créatures de cette dimension sont des chains, des êtres monstrueux ayant besoin de nouer un contrat avec un humain pour s’échapper de l’Abysse. Ce qui confère évidemment des pouvoirs à l’humain en question en échange d’un sceau en forme d’horloge sur la poitrine. L’aiguille de l’horloge avancera petit à petit jusqu’à faire un tour complet, ce qui, au bout du compte, renverra automatiquement l’humain et sa chain dans l’Abysse, le tout dans d’atroces souffrances. Alice nous raconte qu’elle a besoin de s’échapper pour retrouver ses souvenirs éparpillés dans le monde réel et, bien sûr, Oz accepte de passer un contrat avec elle sans sourciller. Non parce que sinon, forcément, il n’y aurait pas d’histoire. Parce que là, d’emblée, on part sur une quête de souvenir et un compte à rebours dès le moment où Oz et Alice réapparaîtront dans le monde réel (avec le sceau de l’horloge pour ceux qui suivent pas C PA COMPLIQUÉ MERDE).

Sauf que SURPRISE, quand Oz ressort de l’Abysse (avec Alice), il se rend compte que 10 ans ont déjà passé ! Et oui, on nous dit très tôt que l’Abysse est une dimension complètement hors du temps et que, déjà c’est dur d’en réchapper une fois qu’on y est entré, mais en plus t’as très peu de chance de revenir à ton époque d’origine ! CHAMPAGNE !

Mais c’est pas fini ! Alice et Oz débarquent dans le monde réel pile à l’endroit où les attendaient Personnages Principaux 3 et _4_ (+ Personnage Secondaire 1) SUBARASHII NE. L’un d’eux s’avère être le valet d’Oz (avec 10 ans de plus dans le pif), à savoir Gil, et les deux autres sont Sharon Rainsworth, héritière de l’une des 4 familles ducales (et c’est même pas un love interest NICE ONE MOCHIZUKI) et le valet de cette dernière, le grand, le brave, le fabuleux Break Xerxes (alias clairement l’un des meilleurs perso du manga). Bref, Sharon et Xerxes expliquent à Oz qu’ils sont membres d’une organisation d’Etat nommée Pandora et que cette organisation se charge d’exterminer les chains qui se baladent dans le monde réel (tout en étudiant l’Abysse et les fameux Faucheurs Pourpres du même coup).

Et voilà que commence la fabuleuse aventure d’Oz, Alice, Gil et Xerxes qui, en premier lieux, se concentreront sur la recherche des souvenirs d’Alice (qui se révèle être B-Rabbit alias Le lapin noir baigné de sang alias l’une des chains les plus célèbres de l’Abysse), puis vont finalement se rendre compte que les fameux fragments de souvenirs d’Alice pourraient être la clé pour comprendre le grand mystère de leur temps : la tragédie de Sablier. Qui, comme son nom l’indique, ne désigne PAS le tournoi de Poussins d'un club campagnard. Non, la tragédie de Sablier, qui composera le cœur de toute l’intrigue, c’est le jour où, 100 ans plus tôt, une partie de la ville de Sablier (à l’époque la capitale) a sombré dans l’Abysse sans qu’on sache ni comment ni pourquoi (le tout en tuant des centaines de personne PARCE QUE SINON C’EST PAS DRÔLE). De l’autre côté, Oz essaie aussi de comprendre pourquoi il a été envoyé dans l’Abysse (parce que "ton pêché est ta propre existence" c’est un peu vague) et il va se rendre compte que ça n’est pas étranger, là encore, à cette fameuse tragédie de Sablier (EVIDEMMENT ON EST DANS UN MANGA DONC TOUT EST LIÉ RÉFLÉCHISSEZ UN PEU).

Bon alors déjà, le rythme de Pandora Hearts est soutenu. Genre très soutenu. En fait, il ne se passe jamais "rien", on ne s’ennuie jamais. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de scène pour souffler, au contraire, Mochizuki gère vraiment super bien la tension et la progression du récit. Par contre, clairement, dès qu’on entre dans la 2ème partie du manga (aux alentours des tomes 14-15), il faut s’accrocher un peu. Ce n’est pas difficile à suivre, mais il y a vraiment beaucoup de personnages qui interagissent entre eux et chaque dialogue a son importance. Il y a des indices partout et Mochizuki ne passe pas son temps à nous faire un récap chaque fois qu’une nouvelle info filtre jusqu’à nos personnages (j’exagère un peu, les choses sont expliquées clairement, par contre pour tout emboîter ensemble, il faut bien lire, beaucoup de choses se passent et souvent en même temps). Sans compter que la nature de l’intrigue fait qu’on suit plus ou moins deux histoires en même temps, à savoir ce qu’il se passe dans le présent, la quête des souvenirs d’Alice (entre autres) et ce qu’il s’est passé 100 ans plus tôt, lors de la tragédie de Sablier. Les 2 fils conducteurs se mêlent bien ensemble et forment un tout cohérent qui se met bien en place au fil des tomes. Mochizuki a eu l’intelligence de ne pas nous assommer tout de suite avec la fameuse tragédie (il me semble qu’on ne commence à nous en parler qu’aux tomes 4 ou 5), ce qui nous laisse du temps pour assimiler les lois de l’univers du manga, ainsi que la nature des relations entre les (très) nombreux personnages.

Concernant les plot twist… Oh god, ne me lancez pas sur les plot twist de ce manga. Y EN A A LA PELLE ET C’EST DES PUTAINS DE VRAIES SURPRISES MON GARS. Là, j’annonce, ça va spoiler à mort.

Déjà, le premier gros plot twist, c’est Elliot. C’était tellement bien vu de tout nous faire voir selon son point de vue, y compris quand il vérifie qu’il n’a pas de sceau sur sa poitrine. Franchement, je pensais que c’était Léo le Chasseur de Tête. Puis la théorie d’Elliot m’a convaincue, mais en fait il avait pas de sceau sur la poitrine, donc ça pouvait pas être lui et LA BIM, c’était lui en fait ! Tristesse et lamentations pour toi mon petit Elliot, tu ne méritais rien de ce qui t’est arrivé, j’en ai le cœur qui se serre à chaque fois T-T. Sa mort m’a tellement choquée. Tout se passe tellement vite, je pensais qu’il était juste gravement blessé et qu’on allait le revoir mal en point allongé dans un lit. Mais non. Tout d’un coup t’as juste une page noire avec écrit "Elliot est mort". Et toi t’es genre "… what… NON MAIS NON C TROP TRISTE ARRÊTE PK TU MENS". Et là, qu’est-ce qu’on nous dit ? SURFREEZE, LE CHASSEUR DE TÊTE ÉTAIT EN FAIT UN IMITATEUR DE LA REINE DE CŒUR. Et kicékecé la Reine de Cœur ? Ben c’est Vincent, et oui ! Comme quoi on peut avoir l’air d’être un psychopathe depuis le début et vraiment en être un !

Ensuite, à peine on se remet de la mort d’Elliot et BIM LES 2 PLUS GROS PLOT TWIST DU MANGA EN L’ESPACE DE 2 TOMES CA PIQUE HEIN ?!

On va y aller chronologiquement avec le premier des deux, à savoir le plot twist qui m’aura le plus marqué de toutes les histoires tous supports confondus que j’ai vu/lu de ma vie (rien que ça). Alors ouais, je sais que comparé à Shutter Island ou au Sixième Sens, c’est rien, mais moi, c’était la première fois que j’étais aussi bloquée sur une révélation genre NO.WAY.NO.FUCKING.WAY CA CHANGE PUTAIN DE TOUT C INCROYABLE MESDAMES ET MESSIEURS. J’avais relu les pages plusieurs fois pour être sûre d’avoir bien compris ce qu’il se passait, J’EN AI MÊME RÊVÉ LA NUIT D’APRES JSAIS PAS SI VOUS VOUS EN RENDEZ COMPTE. Parce que oui, après 17 ou 18 tomes où tu n’as absolument JAMAIS remit en doute l’intégrité du merveilleux Jack Vessalius, je veux dire, le mec c’est un putain de prince charmant trop gentil trop chou, héros de la tragédie de Sablier, et là, le masque tombe et EN FAIT C’ÉTAIT LUI LE MÉCHANT. Choquée.à.vie. A zéro moment Mochizuki nous fait douter de ce perso. Même au fil de mes relectures, je n’ai vu que très très très peu d’indices à ce propos (il y en a pas, en fait). Elle a pris soin d’éviter tous les clichés inhérents à ce genre de plot twist, pas de sourire bizarre ni de réplique à double-sens, il sauve les miches de nombreux perso et la Team Méchant le déteste. Je n’aurais JAMAIS deviné que tout était à cause de lui (enfin, si on remonte aux vraies racines, c’est plutôt de la faute de Lévi mais nvm celui-là c’est le parfait connard à qui on pardonne tout parce qu’il est beaucoup trop cool). Et ça, ça rend vraiment le personnage de Jack encore plus intéressant (mais ça j’en parle un peu plus tard).

Ces révélations subites en amènent une autre, puisqu’on nous apprend que le corps d’Oz… Est en fait celui de Jack. Du coup, la vraie question c’est… Qui est Oz, alors ?! Pourquoi ? Comment ? Par quel maléfice s'est-il retrouvé là ?!

Et là, keskon nous pond ? A L’ORIGINE OZ EST UNE FREAGGING PELUCHE ET C’EST LUI LE VRAI B-RABBIT ! A QUELLE HEURE TU DEVINES CA ? JAMAIS ! Et c’est ce qui fait la magie de ce manga, les plot twist sortent totalement de nulle part, mais une fois qu’ils sont expliqués, ça rend le tout infiniment plus clair et cohérent (et ça ajoute à l’histoire une jauge SURPRISE MOTHERFUCKER qui casse des culs). Du coup, là, le pauvre Oz se retrouve à faire une GROSSE crise identitaire (NORMAL IL VIENT D’APPRENDRE QUE 1. SON CORPS N’EST PAS LE SIEN, 2. QU’IL ÉTAIT UN PUTAIN DE LAPIN EN PELUCHE ET 3. QUE C’EST LUI LA CHAIN ET NON PAS ALICE), le tout doublé par un bordel monstre dans la tête de tous les autres personnages. Cette partie de l’histoire, c’est juste tous les nœuds scénaristiques qui se délient d’un seul coup d’un seul. Alice et Gil retrouvent la mémoire et c’est pas jojo, Jack montre ses souvenirs à Oz et on comprend que ce mec est encore plus tordu que prévu, Xerxes nous apprend ENFIN quel est le souhait que la Volonté de l’Abysse lui a confié et ça te mindfuck BIEN, Léo se dégonfle et laisse Oswald/Glen prendre sa place dans son corps, celui-ci décrète qu’il veut retourner dans le passé et tuer Lacie avant qu’elle ne rencontre Jack, Pandora annonce qu’Oz est désormais un fugitif, bref, C’EST LA MERDE DE PARTOUT ET CA VA NE FAIRE QU’EMPIRER JUSQU’A LA FIN (et quelle fin ! Rdv plus bas pour mon avis à ce sujet).

CEPENDANT, je dois avouer que parfois, les revirements de situation sont si nombreux qu’on peut se perdre un peu. On sait plus trop qui est avec qui et quelles sont leurs motivations, ça peut paraître parfois un peu brouillon. C’est l’un des défauts du manga selon moi (oui, j’ai beau adorer cette œuvre je sais reconnaître des faiblesses quand j’en vois merci) et j’avais parfois l’impression que c’était pas clair non plus pour les traducteurs (pas de problème dans la formulation des répliques, c’était juste parfois un peu vague et je n’ai pas vraiment moyen de savoir si c’était pareil dans la VO).

3 - Les personnages

Alors, clairement, les personnages de Pandora Hearts sont__ tous__ très très très très intéressants. Ils ont tous un caractère à la fois stéréotypé et tout en nuance. Il y en a vraiment beaucoup donc je vais surtout parler de ceux qui m’ont le plus marqué.

Commençons avec Elliot Nightray, ce petit cinnamonroll comme l’appelleraient sûrement les insupportables weeb d’Instagram si le manga était plus connu (et avait eu une adaptation en anime décente, Wit Studio, prenez-le svp T-T). On peut facilement trouver ce perso relou, mais moi je le trouve plutôt drôle et, surtout, comme le dit si bien Léo, il a une noblesse, une fierté et une confiance en lui qui attire les gens malgré son tempérament explosif. C’est pareil pour le lecteur je crois. Tu vois que c’est un perso droit dans ses pompes, qui sait reconnaître ses torts (avec un soupçon de mauvaise foi qui le rend trop chou) et qui n’hésite pas à envoyer ses 4 vérités dans la face des gens quand il faut (j’aime surtout le passage où il remet Oz à sa place au lycée Lutwidge). Même quand il se rend compte qu’il est lui-même le Chasseur de Tête qu’il essayait tant d’attraper, il reste droit et honnête et décide de se sacrifier. Cette scène où il rejette sa chain était juste magnifique (tellement qu’elle a même réussit à toucher Vincent et ça c’est un putain d’exploit lol). Sa relation avec Léo et Oz est comique et ces trois-là font vraiment un super trio (qui n’aura pas duré longtemps T-T).

Ensuite, pour continuer avec les Nightray intéressants, on a Vincent. Lui, dès le départ, tu sens que c’est un bon psycho comme on les aime (sauf pour son brother complex malsain). Depuis qu’il est gamin il s’amuse à éventrer des peluches (heureusement qu’il a pas détruit la peluche d’Oz on aurait été mal barré) et à crever les yeux des malheureux chatons qui croisent sa route (rip Cheshire). On comprend assez vite que, si Gil n’a pas de souvenir de son passé, Vincent se souvient très bien de ce qu’il s’est passé à Sablier et qu’il nourrit une ÉNORME culpabilité à ce sujet. Pourtant, dans toute la 1ère partie du récit, c’est juste le "rat d’égout" (doux surnom donné par Xerxes) qui met des bâtons dans les roues de tout le monde sans qu’on sache trop pourquoi. Puis, dans la 2ème partie, le personnage se dévoile un peu plus et c’est là qu’on commence à l’apprécier malgré ses névroses. Ça m’a fait tellement de peine quand il a dit à Léo/Glen que son souhait le plus cher était de retourner dans le passé pour faire en sorte qu’il ne naisse jamais. Là, on se rend compte que le perso a une vraie profondeur et qu’il traîne le fardeau de sa propre existence derrière lui.
Aussi, J’ADORE sa relation avec Ada. On part sur un "couple" (qui n’en sera jamais un, rip le meilleur ship du manga T-T) entre Vincent, le psycho taré lowkey branché SM avec un brother complex malaisant et Ada Vessalius, une Orihime/Hinata en puissance, stéréotype même de la fille pure et innocente aux gros boobs dont tous les mangas sont pourvus. Cela dit, j’ai beau détester ce genre de perso, j’aime beaucoup Ada. Mochizuki a su la rendre attachante, drôle (sans JAMAIS user de ses boobs, c’est ça la différence quand l’auteur est une femme lol) et PAS CHIANTE (et ça c bo ptn). La fameuse scène du dernier tome où Ada lui "pardonne tout" est complètement touchante T-T. Vincent, toi non plus tu méritais pas ce qu’il t’est arrivé MAIS T’AS QUAND MÊME CHIÉ DANS LA COLLE A LA FIN PK TU L’AS JETÉE EN DISANT QUE T’AVAIS FAIT QUE LUI MENTIR (même si c’est vrai) ALORS QUE TU L’AIMAIS AUSSI SOMBRE CRETIN ! (rip Noise d’ailleurs, si t’étais pas devenue tarée t’aurais peut-être eu une chance, tu m’as fait un peu de peine, j’avoue).

Passons ensuite à l’autre OTP du manga qui m’a vraiment beaucoup fait rire, j’ai nommé les légendaires lady Sheryl Rainsworth et le duc Rufus Barma. Alors eux, c’est le golden duo. Le duc court après Sheryl depuis toujours et, même maintenant qu’ils sont vieux, il n’a pas abandonné l’idée de se marier avec elle. Les vents qu’elle lui colle sont mémorables. Ces deux-là désamorcent tellement bien les scènes, je crois je pourrais bouffer une série entière rien que sur eux, leur relation est à la fois très belle et très drôle, première fois que je réclame un shojo sur un couple du 3ème âge dites donc.

Dans la lignée des Rainsworth, je demande Sharon ! Le personnage féminin typé fleur bleue qui aurait pu être le cliché du love interest a échappé à ce funeste destin et s’est finalement révélé être un personnage fort ! Comme quoi, pas besoin d’être une bourrine ou d’avoir des pouvoirs extraordinaires pour être un personnage féminin agréable (j’avoue, sa chain Eques est quand même vachement utile, MAIS de base les pouvoirs d’Orihime étaient pas mauvais non plus et voyez le développement qu’elle a eu -,-) ! Sa relation avec Xerxes est l’une des plus intéressantes du manga et c’est juste impensable de les voir l’un sans l’autre, rien que pour l’aspect comique (ce qui finit malheureusement par arriver T-T).

Justement, parlons-en de Break Xerxes ! Dès le départ, on voit que c’est un perso excentrique pile comme on les aime, manipulateur et sournois, mais drôle et pas si mauvais dans le fond. Tout ce qu’il fait, c’est dans l’intérêt des Rainsworth et au final, Pandora, il s’en tamponne un peu. Il est mystérieux, on devine qu’il sait beaucoup de chose mais n’en révèle qu’une petite partie (et toujours celle qui l’arrange évidemment) quitte à omettre un ou deux détails importants rien que pour voir comment vont s’en sortir les autres (et surtout Oz). Il est le premier à voir que quelque chose ne va pas chez notre jeune héros (sa question "où es-tu vraiment ?" mindfuck bien) et c’est aussi lui qui fait progresser l’intrigue dans la 1ère partie, puisqu’il est toujours au courant de tout (c’est le 1er à nous parler de la tragédie de Sablier) et qu’il sait donc où envoyer nos héros pour retrouver les souvenirs d’Alice (ou de quelconques indices sur d’autres sous-intrigues). Même s’il parait infaillible au début, quand il devient aveugle, on se rend compte que malgré son apparence, il est bien en fin de vie et que c’est seulement grâce au sursit que lui a accordé la Volonté de l’Abysse qu’il respire encore. Il s’ouvre un peu plus aux autres (notamment à Sharon, Reim et Gil) mais garde son caractère joueur et vicieux en toute circonstance (heureusement, ça aurait été une grosse perte, les scènes les plus drôles sont celles en sa présence !). Sa mort est très très très triste (même si vaguement annoncée dès le début du manga) et j’ai vraiment BEAUCOUP TROP de peine pour Sharon :’(.

Et là vous vous dites "quoi, elle nous bassine dès qu’elle peut avec Jack Vessalius et elle en a pas encore parlé" MINUTE PAPILLON, j’y viens. J’ai gardé le meilleur pour la fin pour me motiver à tout écrire héhé. Alors Jack, mon cher Jack. Que dire de lui. On peut pas parler de lui sans parler de Lacie et ça tombe bien parce que je l’aime beaucoup aussi. Donc Jack Vessalius, il a tout. La réputation de héros, le look de prince charmant, la personnalité adorable, BREF, Monsieur Parfait. Seulement comme chacun sait, la perfection n’existe pas et dans le cas de Jack, ça se vérifie particulièrement. Ce mec est juste complètement tordu et a une obsession maladive pour Lacie. Bon, le pauvre, pour sa défense, il avait une vie de merde à la base. Il a vécu dans la rue un moment et se laissait mourir jusqu’à ce que la fabuleuse Lacie ne vienne lui tenir compagnie dans les sales quartiers pendant un temps. Elle lui redonne goût à la vie et puis disparaît aussi vite qu’elle était apparue, le tout avec le sourire (parce que cette meuf est pas très saine d’esprit non plus, faut le dire). Jack est bien décidé à tout faire pour la retrouver et, pendant 8 ans, il gravit les échelons de la haute société avec son sourire enjôleur et son talent inné pour la manipulation (et il a vendu son cul aussi hein, c’est clairement sous-entendu dans les flashbacks mais Mochizuki a fait passer ça discrètement genre "je veux que ça reste tout public"). Monsieur Parfait retrouve finalement Lacie et rencontre le reste des Baskerville, notamment Glen et c’est là que ça part en steak. Tu te rends compte que Jack est complètement fucked up inside, "Jack c de l’eau" comme le dit Oswald (ok la citation exacte c’est "il est comme une eau calme et claire, sa personnalité est si transparente qu’on n’y voit que son propre reflet" NICU SAYINGU OSWALDO).

Bref, Lacie est précipitée dans l’Abysse (après avoir été sautée par Lévi/Glen et avoir accouché des 2 Alice mdr dsl Jack mais Lacie/Lévi c’est un OTP encore plus tordu que Ada/Vincent, je ne peux que ship). La Alice "normale" est renvoyée dans le monde réel et fait le lien avec la Volonté de l’Abysse par le biais de la Alice Blanche restée dans l’autre dimension (je suis sûre que vous comprenez plus là et c’est normal j’ai eu du mal aussi, j’avoue). Eeeeet comme la Alice Blanche tombe folle amoureuse de Jack (en même temps il a tout fait pour, hein, le malotru, parce que__ lui il a dans l’idée de retrouver sa chère Lacie__), elle dit amen à toutes ses demandes, y compris quand il lui demande innocemment une putain d’arme de destruction massive pour envoyer le monde entier dans l’Abysse. Et la Alice Blanche lui offre alors une MOTHERFUCKING BOMBE ATOM- peluche en forme de lapin (so hardcore). Qui s’avère être Oz, hein, évidemment, SUIVEZ UN PEU. Et c’est là qu’on perd totalement notre bon vieux Jack. Il se sert de Vincent pour ouvrir la porte des Baskerville, ce qui fout le zbeul dans le château de Sablier et finit par engloutir une partie de la ville. Ce qui ne faisait pas partie du plan à la base, puisqu’en fait c’est Oswald/Glen qui a réussi à limiter les dégâts (en massacrant tout le monde comme le veut la logique la plus implacable) mais du coup__ Jack est pas content donc il le bute__ et après y a Alice qui se suicide pour empêcher sa jumelle de le retrouver et c’est ce qui fait qu’elle et Oz perdent la mémoire ET C’EST UN BORDEL MONSTRE QUE JE N’AI RÉUSSI A COMPRENDRE QU’AU BOUT DE MA 2EME RELECTURE.

Finalement, Jack est exclu du cycle de réincarnation après 100 d’errance du coup il ne fait que rajeunir et vieillir successivement pendant 1 siècle jusqu’à ce que son esprit ne se consume entièrement et ne laisse dans son enveloppe charnelle que l’âme endormie d’Oz (et comme il était loin d’être con et qu’il n’avait pas le moins du monde abandonné l’idée de précipiter le monde dans l’Abysse sous prétexte que OLALA LACIE DOIT SE SENTIR SEULE LA-BAS (alors qu’elle n’existe tout simplement plus), il s’est arrangé pour que tout le monde croit qu’il était le héros de la tragédie en prévision de la future quête d’Oz et d’Alice des souvenirs de cette dernière). VOILA SUPER C’EST UN GLOUBI BOULGA INCROYABLE CETTE HISTOIRE, COMMENT MOCHIZUKI A-T-ELLE RÉUSSI A S’EN SORTIR ?

Tout ça pour dire que j’aime Jack d’amour (sans blague). Déjà quand tu le vois pour la 1ère fois il a un parfait look d’ikemen prince charmant méga charismatique (avec une étiquette héros sur le front en plus, c’est pas négligeable). C’est d’ailleurs une belle performance de Mochizuki de réussir à rendre charismatique un personnage par nature vide et tellement insipide que les gens sont perturbés quand ils lui parlent. C’est d’ailleurs ce paradoxe qui le rend si intéressant, l’auteur a fait de sa personnalité inexistante… Une personnalité à part entière. ET CA C’EST BEAU PUTAIN.

Il y a encore ÉNORMÉMENT de personnages intéressant dans cette œuvre, j’aurai encore pu parler de l’incroyable Lacie et de sa philosophie de vie vraiment très très intéressante (j’aime beaucoup plusieurs de ses citations), Lévi est également un perso génial, j’aurai pu aussi écrire quelques lignes sur Oscar, sur Oswald, sur les 2 Alice, sur la Volonté de l’Abysse, sur les relations Reim/Lily, Noise/Vincent ou Echo/Noise, etc… Mais ça aurait été beaucoup trop long (comme si ça l’était déjà pas assez -,-).

4 - La fin de l’histoire

La fin de Pandora Hearts fait partie de mon top 3 personnel des meilleures fins. C’est difficile d’amener une histoire si complexe à une fin au moins satisfaisante. Plus l’intrigue avance et plus tu te demandes comment l’auteur va réussir à apporter un dénouement à tout ce qui a été mis en place. Il y a tellement de personnages, tellement d’éléments qui complexifient le scénario que tout régler en quelques chapitres sans que ça soit bâclé ou forcé ça relevait vraiment du défi. Mais Mochizuki nous prouve qu’elle savait parfaitement où elle allait depuis le Jour 1 et le dénouement arrive calmement (enfin dans un tome qui fait 2x la taille normale, mais c’est un très bon point), tout rentre petit à petit dans l’ordre avec de bonnes vagues d’émotion. Mochizuki nous a dessiné des scènes merveilleuses et déchirantes. C’est comme si on tirait doucement sur un nœud qui paraissait énorme au premier abord et qui, finalement, se délie délicatement et tranquillement. Ça ne veut pas dire que la conclusion est facile, au contraire, elle est plutôt douloureuse pour les personnages et l’auteur n’a offert de happy end à personne (et heureusement, ça n’aurait pas du tout été cohérent avec l’histoire). C’est ce qu’on appelle une fin douce-amère. C’est beau. Mais triste. Mais beau. Mais triste.

L’épilogue a presque réussit à m’arracher une larme (la scène finale de l’avant-dernier chapitre aussi, faut le dire), la fin de tous les personnages qu’on avait laissé me satisfait. Certaines me font vraiment de la peine (ma pauvre Ada T-T Le ship Ada/Vincent a sail mais est revenu aussitôt T-T un OTP beaucoup trop tragique) mais me conviennent dans l’ensemble, c’est fidèle à l’ambiance globale du manga.

Après c’est vrai qu’il reste quelques questions en suspens, notamment du côté des Baskerville et de ce qu’il advient véritablement de leur relation avec l’Abysse et le Jury (qu’on n’a pas du tout revu dans le tome 24, c’est dommage). On ne sait pas non plus si les chains continuent d'apparaître dans le monde réel (même si en principe non, vu que la Volonté de l’Abysse n’a plus de corps, mais dans ce cas les ex-ducs ont-ils révoqués le contrat avec leurs chains ? C’est dit nulle part T-T). Et SURTOUT, comment ça se fait que B-Rabbit a la réput d’avoir tué tous ses anciens contractants ALORS QU’IL N’EST JAMAIS RÉAPPARU DEPUIS SABLIER ET QU’IL N’A EU QU’UN SEUL CONTRACTANT ? JACK/ALICE/OZ J’EXIGE UNE EXPLICATION !

Ceci dit, je garde avant tout un excellent souvenir de cette fin qui conclut correctement une histoire complexe.

5 - L’instant 100% subjectif (comme si ça l'était pas déjà assez)

Ça parait plus qu’évident mais j’adore ce manga. Il a tout ce qui me plait : un univers original et très signé, des personnages intéressants, attachants et tous intelligemment traités (malgré leur grand nombre, il n’y en pas un seul qui n’est pas un minimum développé), une intrigue complexe avec beaucoup de retournements de situation inattendus (c’est un vrai plaisir de se laisser balader par l’auteur), une balance équilibrée entre le dramatique et le comique (l’humour est très efficace, je me suis bien marrée pendant ma lecture), un style graphique agréable et confortable, de belles émotions (tristes comme joyeuses, mais surtout tristes lol), le tout transmit dans une ambiance particulière très propre à l’œuvre, je doute retrouver ce genre d’atmosphère nulle part ailleurs (enfin, peut-être dans la nouvelle histoire de Mochizuki, vivement juillet !).

J’en ai pas parlé ailleurs donc autant le faire ici, mais Pandora Hearts est également très inspiré du conte d’Alice au Pays des Merveilles et y fait beaucoup référence, tant dans les personnages eux-mêmes que dans certaines scènes. On y retrouve évidemment Alice et la figure du lapin avec Oz, mais aussi le chat du Cheshire, le Chapelier Fou (chain de Xerxes), le Loir et la Reine de Cœur (chains de Vincent), le Jabberwocky (chain de Glen), Bandersnatch (chain de Lily), le Griffon (chain de Zai Vessalius), les prénoms Ada et Lacie, le chat Dinah et bien sûr, le fameux non-anniversaire organisé par Oscar dans le jardin de Pandora (rien que d’y penser j’ai les feels, ce chapitre est magnifique mais tellement triste quand tu le relis après coup).

Chaque fois que je termine ce manga, je suis vraiment sur un nuage pendant 2-3 jours (un nuage de mélancolie par contre lol). Ça me fait le même effet que lorsque je finis de regarder le Voyage de Chihiro, le Château dans le Ciel ou même plus récemment Nagi no Asukara. Même une fois confrontée au générique final, je suis toujours emportée par le merveilleux de ces œuvres, ce qui me donne envie de les re-regarder immédiatement. Quand j’ai fini le tome 24 de Pandora Hearts, c’était pareil. J’avais juste envie de reprendre le tome 1 et de tout ravaler en quelques jours. Ceci dit, je préfère toujours attendre avant de céder à ces envies, car plus il y a de temps entre mes visionnages/lectures et plus je les apprécie en les revoyant.

Bref je m’égare, en tout cas, Pandora Hearts est certainement mon manga préféré (c’est la seule série complète que j’ai sur mes étagères) et j’attends de pied ferme la sortie du 1er tome de la prochaine série de Mochizuki, à savoir Les Mémoires de Vanitas ! Cette fois, je fais entièrement confiance à l’auteur et compte découvrir cette nouvelle histoire au fil de la parution française. Je suis sûre qu’elle saura de nouveau me transporter, fighting Mochizuki

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